Échelle d’obligations ou échelle de CPG
Répartissez les échéances selon vos retraits, puis comparez garantie du capital, risque de crédit et liquidité.
Publié le 2026-07-21

Pour financer des retraits échelonnés sur plusieurs années, deux échelles se disputent le mandat : CPG étagés ou obligations de qualité aux mêmes échéances. Les échéances se répartissent d'abord selon les besoins réels, une tranche par année de retraits, chaque tranche dimensionnée à son année. Le choix de l'instrument se fait ensuite par trois critères ordonnés : la garantie, protection des dépôts du CPG contre promesse d'émetteur cotée de l'obligation; la liquidité, l'obligation se vendant n'importe quel jour à prix de marché pendant que le CPG non rachetable attend son échéance; et le rendement net à risque comparable, l'écart rémunérant précisément ces différences. Le panachage est souvent optimal, CPG pour les tranches courtes où la garantie prime, obligations pour les longues où le supplément compose et où la liquidité de secours rassure. Cet article compare les deux instruments critère par critère et guide la construction d'une échelle mixte qui se renouvelle en une décision par année.
Placer les échéances sur les besoins réels
Une échelle consiste à répartir un montant sur plusieurs échéances successives, un cinquième à un an, un cinquième à deux ans et ainsi de suite, de sorte qu'une portion arrive à échéance chaque année. La construction utile part du calendrier des besoins : un retraité qui prélèvera trente mille dollars par an aligne les échéances sur ces retraits. Une échelle construite sans référence aux besoins produit des échéances au mauvais moment, ce qui force soit à immobiliser des fonds nécessaires, soit à réinvestir des sommes qui auraient dû rester disponibles. Partez du calendrier des besoins.
Comparer la garantie et le risque de crédit
Les deux instruments diffèrent sur ce point plus que sur le rendement. Le certificat de placement garanti offre un capital garanti par l'émetteur, avec en outre une protection des dépôts jusqu'aux plafonds applicables. L'obligation expose au risque de crédit de l'émetteur : une obligation gouvernementale porte un risque minime, une obligation d'entreprise en porte un réel, rémunéré par un rendement supérieur. Ce supplément de rendement n'est pas gratuit, il est le prix d'un risque, et la comparaison honnête entre les deux échelles passe par des émetteurs de qualité comparable, pas par les seuls taux affichés.
Vérifier ce qui est vraiment liquide
La différence pratique la plus importante concerne l'accès aux fonds avant l'échéance. Un certificat non rachetable est bloqué jusqu'au terme, sans exception : cinq ans signifient cinq ans. Une obligation se vend en tout temps sur le marché, mais à un prix qui dépend des taux du moment, ce qui peut signifier une perte si les taux ont monté. Aucun des deux n'offre donc une liquidité sans coût. L'échelle elle-même est la réponse à ce problème : en faisant échoir une tranche chaque année, elle crée une liquidité régulière sans obliger à vendre quoi que ce soit avant terme.
Comparer les rendements nets, à risque comparable
La comparaison finale se fait après frais et après impôt. Une obligation détenue dans un compte imposable produit des intérêts pleinement imposables, et son achat comporte souvent un écart acheteur-vendeur significatif sur de petits montants, absent du certificat vendu à sa valeur nominale. Un fonds d'obligations ajoute des frais de gestion annuels. À rendement affiché comparable, ces coûts déplacent régulièrement l'avantage vers le certificat pour les petits portefeuilles, tandis que les portefeuilles importants tirent parti de la flexibilité obligataire. Le compte utilisé, enregistré ou non, complète le calcul et le tranche souvent.
Scénario québécois : comparer avant de confirmer
Pour les 100 000 $ qu'un couple de Cap-Rouge destine aux dix prochaines années de retraits, deux échelles se disputent le mandat : cinq CPG échelonnés de un à cinq ans, ou cinq obligations de sociétés de qualité aux mêmes échéances. Le conseiller pose les colonnes du choix, sans favori. La garantie d'abord : le CPG promet le capital à l'échéance et bénéficie de la protection des dépôts dans les limites applicables; l'obligation promet le remboursement de l'émetteur, promesse solide selon la cote de crédit, mais qui reste une promesse d'entreprise. La liquidité ensuite, l'argument décisif pour qui pourrait avoir besoin des fonds avant l'échéance : l'obligation se vend sur le marché n'importe quel jour, à un prix qui fluctue avec les taux; le CPG non rachetable ne se vend pas, il s'attend. Le rendement enfin, comparé à risque semblable : ce trimestre-là, les obligations de qualité offrent environ 0,4 point de plus que les CPG d'échéance équivalente, écart qui rémunère précisément la différence de garantie et compense partiellement les commissions d'achat. La décision du couple marie les deux logiques : CPG pour les tranches de un à trois ans, où la garantie prime et où l'attente est courte, obligations pour les tranches de quatre et cinq ans, où le supplément de rendement compose plus longtemps et où la liquidité de secours rassure. Chaque échéance annuelle, en se renouvelant, repasse le même interrogatoire : garantie, liquidité, rendement net, dans cet ordre.
À vérifier
- Répartir les échéances selon les retraits prévus
- Dimensionner chaque tranche à son année
- Comparer garantie des dépôts et promesse d'émetteur
- Peser la liquidité de chaque instrument
- Comparer le rendement net à risque semblable
- Choisir CPG pour les tranches courtes
- Considérer les obligations pour les longues
- Vérifier commissions et écarts des obligations
- Repasser les trois critères à chaque renouvellement
Questions fréquentes
Comment répartir les échéances d'une échelle de décaissement?
Selon vos besoins de retrait réels : une échéance par année de retraits prévus, le montant de chaque tranche correspondant au besoin de son année. L'échelle transforme un portefeuille en calendrier : chaque année, une tranche arrive à maturité exactement quand l'argent doit sortir.
Obligations ou CPG : comment trancher pour chaque tranche?
Par trois critères dans l'ordre : la garantie, protection des dépôts pour le CPG contre promesse d'émetteur cotée pour l'obligation; la liquidité, l'obligation se vend n'importe quel jour, le CPG non rachetable attend; et le rendement net à risque comparable, l'écart rémunérant précisément ces différences.
Peut-on mélanger les deux dans une même échelle?
Oui, et c'est souvent optimal : CPG pour les tranches courtes où la garantie prime et l'attente est brève, obligations pour les tranches longues où le supplément de rendement compose davantage et où la liquidité de secours rassure. Chaque renouvellement repasse le même interrogatoire.