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Écart acheteur-vendeur d’un FNB : coût invisible de transaction

Mesurez l’écart entre meilleure offre d’achat et de vente en dollars et en pourcentage avant de négocier un FNB.

Publié le 2026-07-21

Dôme de la cathédrale devant Place Ville Marie, à Montréal

Deux FNB sur le même indice, aux mêmes frais de gestion, peuvent coûter très différemment à l'achat, et la différence n'apparaît sur aucun prospectus : l'écart acheteur-vendeur, la distance entre le meilleur prix d'achat et de vente, se paie à chaque transaction. Converti en dollars sur un montant réel, il va du négligeable, un cent d'écart, au substantiel, dix ou douze cents rivalisant avec des années de frais de gestion. La liquidité derrière le chiffre a deux étages, celle du fonds lui-même et celle de ses actifs sous-jacents, un fonds de titres peu négociés portant leurs écarts dans le sien. L'exécution a ses règles : milieu de séance plutôt qu'ouverture ou clôture, heures où le marché sous-jacent des fonds étrangers est ouvert, et ordre à cours limité dès que l'écart se voit. Cet article montre le calcul du coût en dollars, la comparaison entre fonds jumeaux et les habitudes d'exécution qui éliminent un coût invisible mais parfaitement évitable.

Lire les deux prix avant de passer l'ordre

L'écart entre le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur d'un fonds négocié en bourse est un coût de transaction, payé à l'achat comme à la vente, et invisible sur tout relevé. Il se lit avant l'ordre, directement dans le carnet : deux prix affichés, leur différence en cents. Ce chiffre varie au cours de la journée et selon le titre, ce qui rend inutile toute règle générale. Le vérifier prend cinq secondes et il détermine à lui seul si l'ordre doit être passé maintenant, plus tard, ou avec une limite.

Exprimer l'écart en pourcentage du prix

Un écart de cinq cents ne dit rien tant qu'il n'est pas rapporté au prix : cinq cents sur un titre à cinquante dollars représentent un dixième de pour cent, cinq cents sur un titre à cinq dollars en représentent un pour cent complet. Rapporté à l'aller-retour, ce dernier cas coûte deux pour cent, soit davantage que les frais de gestion annuels de beaucoup de fonds indiciels. Cette conversion en pourcentage est ce qui permet de comparer deux fonds semblables : à frais de gestion égaux, celui dont l'écart est le plus mince coûte moins cher à détenir réellement.

Distinguer la liquidité du fonds de celle de ses actifs

Un fonds négocié en bourse peu échangé n'est pas nécessairement illiquide : sa liquidité réelle vient de celle des titres qu'il détient, des teneurs de marché pouvant créer des unités à la demande. Un fonds de grandes actions canadiennes, même peu négocié, garde donc un écart mince. À l'inverse, un fonds détenant des obligations peu liquides ou des actions de marchés émergents affiche un écart large malgré un volume respectable. Le bon indicateur est donc la nature des actifs sous-jacents, pas le volume quotidien du fonds lui-même, contrairement à l'intuition la plus répandue.

Passer l'ordre quand le marché sous-jacent est ouvert

L'écart s'élargit quand les teneurs de marché ne peuvent pas évaluer précisément les actifs détenus : à l'ouverture et à la clôture de la séance, et surtout lorsque le marché sous-jacent est fermé. Un fonds d'actions européennes négocié à Toronto en après-midi, alors que les bourses européennes ont fermé, affiche un écart nettement plus large que le matin. La pratique qui en découle est simple : négocier ces fonds en milieu de séance, quand les marchés sous-jacents sont ouverts, et utiliser un ordre à cours limité plutôt qu'un ordre au marché. Évitez l'ouverture et la clôture.

Scénario québécois : comparer avant de confirmer

Deux FNB suivent le même indice canadien, à frais de gestion identiques, et un comptable de Sherbrooke s'apprête à choisir au hasard quand une colonne du site de sa bourse retient son œil : l'écart acheteur-vendeur. Le premier fonds affiche 24,50 $ à l'achat contre 24,51 $ à la vente; le second, moins négocié, 24,42 $ contre 24,54 $. La traduction en dollars parle mieux que les pourcentages : sur ses 15 000 $, traverser l'écart coûte environ 3 $ dans le premier cas, 37 $ dans le second, à l'achat puis autant à la revente, coût réel d'une transaction qu'aucun ratio de frais ne mentionne. La liquidité derrière le chiffre a deux étages, lui explique-t-on au comptoir de courtage : celle du FNB lui-même, entretenue par les mainteneurs de marché, et celle de ses actifs sous-jacents, car un fonds d'actions rarement négociées porte l'écart de ses titres jusque dans le sien. L'heure compte aussi : les écarts s'élargissent à l'ouverture, en clôture et pendant les annonces; pour un fonds d'actifs étrangers, l'écart se resserre quand le marché sous-jacent est lui-même ouvert. Ses règles d'exécution s'écrivent en trois lignes dans son carnet : privilégier le fonds à l'écart mince à indice égal, passer les ordres en milieu de séance, et pour tout fonds à écart visible, l'ordre à cours limité plutôt qu'au marché. Coût de la leçon : zéro dollar, pour une fois, le hasard ayant été intercepté à temps.

À vérifier

  • Relever l'écart acheteur-vendeur des fonds comparés
  • Convertir l'écart en dollars sur son montant
  • Compter l'aller-retour, achat et revente
  • Choisir le fonds à l'écart mince à indice égal
  • Vérifier la liquidité des actifs sous-jacents
  • Passer les ordres en milieu de séance
  • Attendre l'ouverture du marché sous-jacent des fonds étrangers
  • Utiliser la limite sur tout écart visible
  • Additionner écart et frais dans les comparaisons

Questions fréquentes

Comment mesurer le coût de l'écart acheteur-vendeur?

Convertissez-le en dollars sur votre transaction : la moitié de l'écart, multipliée par le montant, à l'achat puis à la revente. Sur un fonds à écart d'un cent, le coût est négligeable; à douze cents, il rivalise avec des années de frais de gestion. Aucun ratio de frais ne mentionne ce coût.

Pourquoi deux fonds identiques ont-ils des écarts différents?

La liquidité a deux étages : celle du FNB lui-même, entretenue par les mainteneurs de marché selon les volumes, et celle de ses actifs sous-jacents, dont les écarts remontent dans le sien. À indice égal, le fonds le plus négocié offre presque toujours l'écart le plus mince.

Quel moment choisir pour passer un ordre?

Le milieu de séance, jamais l'ouverture ni la clôture, où les écarts s'élargissent. Pour un fonds d'actifs étrangers, privilégiez les heures où le marché sous-jacent est lui-même ouvert : les mainteneurs de marché resserrent alors leurs prix. L'ordre à cours limité complète la précaution sur tout écart visible.

Sources

Sur le site

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