Ordre au marché ou ordre à cours limité
L’ordre au marché prend le prix du carnet; l’ordre à cours limité fixe votre prix mais peut s’exécuter partiellement.
Publié le 2026-07-21

Le premier écran de courtage pose une question inattendue : type d'ordre. Les deux réponses principales échangent des garanties opposées. L'ordre au marché prend ce que le carnet offre : exécution quasi certaine, prix non garanti, le carnet pouvant bouger entre le clic et l'exécution; sur un titre liquide à l'écart d'un cent, le risque se compte en fractions de cent, et la simplicité gagne. L'ordre à cours limité inverse la promesse : le prix ne dépassera jamais la limite, mais l'exécution devient conditionnelle, partielle parfois, si le titre s'éloigne; c'est l'outil des écarts visibles et des journées volatiles. L'heure ajoute sa règle : les écarts s'élargissent à l'ouverture et en clôture, le milieu de séance coûtant moins cher, et les fonds d'actifs étrangers se négocient mieux quand leur marché sous-jacent est ouvert. Cet article explique les deux mécaniques avec des exemples, les règles simples selon la liquidité du titre et les moments à éviter.
Regarder le carnet avant de choisir le type d'ordre
Le choix entre un ordre au marché et un ordre à cours limité se décide en regardant deux chiffres : le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur au moment de l'ordre. Leur écart est le coût implicite d'une exécution immédiate. Sur un titre très négocié, cet écart représente quelques cents et l'ordre au marché s'exécute à un prix pratiquement identique à celui affiché. Sur un titre peu négocié, l'écart peut atteindre plusieurs pour cent, et le même ordre au marché s'exécute nettement plus loin. Le carnet, pas le type d'ordre, détermine lequel des deux convient.
Vérifier la profondeur, pas seulement le prix
Le prix affiché ne vaut que pour la quantité disponible à ce prix. Un ordre au marché de mille actions sur un titre où seules deux cents sont offertes au meilleur prix s'exécute par tranches successives, à des prix de plus en plus élevés, résultat que l'on découvre après coup. Cette mécanique explique la plupart des exécutions décevantes sur les petits titres et les fonds négociés peu liquides. La parade consiste à regarder la profondeur du carnet avant d'envoyer un ordre important, et à fractionner l'ordre plutôt que de l'envoyer d'un bloc quand la profondeur est mince.
Accepter ce que la limite ne garantit pas
L'ordre à cours limité garantit le prix, jamais l'exécution. Une limite fixée un peu sous le marché peut n'être jamais atteinte, et le titre monter sans vous : le coût de cette protection est le risque de rester à l'écart. Une exécution partielle est également possible, laissant un ordre à moitié rempli et parfois des frais de courtage sur chaque portion selon le courtier. Le choix se résume donc à une question simple : qu'est-ce qui vous coûte le plus cher, payer quelques cents de plus, ou ne pas obtenir le titre? La réponse dépend de l'opération, pas d'une préférence générale.
Redoubler de prudence quand la liquidité manque
Trois situations élargissent les écarts et rendent l'ordre au marché risqué : les premières et dernières minutes de la séance, les titres peu négociés, et les périodes de forte volatilité ou d'annonce. Dans ces conditions, un ordre au marché peut s'exécuter très loin du dernier cours affiché, sans aucun recours. La pratique prudente utilise l'ordre à cours limité par défaut dans ces trois cas, avec une limite fixée légèrement au-delà du prix courant, ce qui obtient l'exécution tout en plafonnant le dérapage. Un ordre placé hors séance mérite la même prudence, l'ouverture pouvant s'écarter sensiblement de la clôture.
Scénario québécois : comparer avant de confirmer
Premier achat de FNB pour une orthophoniste de Saint-Tite, et premier écran de courtage : type d'ordre, un menu qu'elle n'attendait pas. Sa position est modeste, 5 000 $ dans un FNB canadien très négocié, mais elle veut comprendre les deux options principales avant de cliquer. L'ordre au marché prend ce que le carnet offre à l'instant : exécution quasi certaine, prix non garanti, car le carnet peut bouger entre le clic et l'exécution. L'ordre à cours limité inverse la promesse : le prix ne dépassera jamais sa limite, mais l'exécution devient conditionnelle, partielle parfois, si le titre s'éloigne. Pour son FNB liquide, l'écart entre meilleure offre d'achat et de vente tient à un cent : l'ordre au marché ne risque presque rien. Elle le constate en direct : achat exécuté au prix affiché, 100 parts, terminé. L'exception, sa conseillère la lui montre le mois suivant sur un FNB sectoriel peu négocié : l'écart y atteint trente cents, et une matinée volatile peut l'élargir davantage; l'ordre à cours limité, placé au milieu de l'écart, s'exécute en deux temps sur vingt minutes, économisant environ 18 $ sur la même taille de position. Sa règle de débutante tient depuis : marché pour les titres liquides en journée calme, limite dès que l'écart se voit à l'œil nu, et jamais d'ordre lancé dans les minutes qui suivent l'ouverture.
À vérifier
- Vérifier l'écart acheteur-vendeur avant l'ordre
- Utiliser le marché sur titre liquide en séance calme
- Utiliser la limite dès que l'écart se voit
- Placer la limite au milieu de l'écart
- Accepter l'exécution partielle possible
- Éviter l'ouverture et la clôture
- Négocier les fonds étrangers aux heures de leur marché
- Vérifier l'exécution reçue
- Noter les règles dans son carnet de courtage
Questions fréquentes
Quand l'ordre au marché est-il le bon choix?
Pour un titre liquide à l'écart d'un ou deux cents, en séance calme : l'exécution est quasi certaine au prix affiché, et la simplicité l'emporte. Le prix n'est jamais garanti, le carnet pouvant bouger entre le clic et l'exécution, mais sur un titre liquide, le risque se compte en fractions de cent.
Que protège l'ordre à cours limité, et que sacrifie-t-il?
Il garantit votre prix maximum à l'achat ou minimum à la vente, mais pas l'exécution : le titre peut s'éloigner et l'ordre rester partiellement ou totalement inexécuté. C'est l'outil des titres à écart visible et des journées volatiles, où le prix payé compte plus que la certitude d'exécution.
Pourquoi éviter les ordres à l'ouverture du marché?
Parce que les écarts s'élargissent dans les premières minutes, le temps que les carnets se remplissent et que les prix se stabilisent. La même transaction passée en milieu de séance coûte souvent moins cher. Pour les fonds d'actifs étrangers, l'écart se resserre quand le marché sous-jacent est ouvert.