Financement-relais entre la vente et l’achat
Basez le prêt-relais sur le produit net attendu de la vente et sur des dates fermes pour les deux transactions.
Publié le 2026-07-21

Posséder deux maisons pendant huit semaines, ou aucune : le scénario guette tout ménage dont la vente et l'achat ne se signent pas le même jour. Le financement-relais existe pour ce couloir, avec des règles précises. Le montant repose sur le produit net attendu de la vente, prix confirmé moins solde et frais, la future mise de fonds que le prêteur avance. La condition non négociable : deux transactions fermes, promesses signées et conditions levées des deux côtés, un relais ne se construisant jamais sur une vente conditionnelle. Le coût se compose d'un taux majoré, de frais de dossier et d'intérêts sur la durée réelle, quelques milliers de dollars pour quelques semaines, le prix d'un seul déménagement et de rénovations faites avant d'emménager. La durée maximale, souvent 90 jours, encadre les retards. Cet article détaille les conditions d'admissibilité, le calcul du coût complet et la coordination notariale qui fait que le relais se referme tout seul.
Calculer le produit net attendu de la vente
Le financement-relais avance l'argent que votre vente n'a pas encore versé, et son montant se calcule sur le produit net attendu : le prix de vente confirmé, moins le solde hypothécaire à rembourser, moins la commission de courtage, les frais juridiques et les ajustements de taxes. Ce net, souvent inférieur de dix à quinze pour cent au prix affiché, devient la mise de fonds disponible pour le nouvel achat et donc le plafond du relais. Le calcul se fait avec les chiffres réels de la promesse de vente acceptée, pas avec une estimation optimiste : un relais dimensionné sur un produit surestimé laisse un trou à combler au moment de la clôture, précisément quand plus rien ne peut bouger. Prenez le chiffre bas.
Exiger deux transactions fermes
La condition non négociable du relais tient en un mot : ferme. Les deux transactions, la vente et l'achat, doivent avoir leurs promesses signées et leurs conditions levées, car le prêteur rembourse le relais avec le produit de la vente. Une vente encore conditionnelle au financement de l'acheteur ou à une inspection ne garantit rien, et aucun prêteur sérieux n'avancera sur cette base. Cette exigence structure le calendrier des offres : l'achat se rend ferme après la vente, ou les deux se coordonnent avec des conditions croisées. Les dates de clôture s'arrêtent ensuite avec les deux notaires, le relais se remboursant automatiquement le jour où la vente se signe.
Chiffrer le coût réel de quelques semaines
Le relais coûte plus cher qu'une hypothèque ordinaire, et ce surcoût s'assume en connaissance de cause. La structure typique : un taux majoré de deux à trois points sur le taux hypothécaire, des frais d'ouverture de quelques centaines de dollars, parfois des frais juridiques additionnels, et les intérêts courus sur la durée réelle du chevauchement. Sur cent quatre-vingt mille dollars pendant huit semaines, la facture totale tourne autour de deux à trois mille dollars. Ce montant se compare à ce qu'il achète : un seul déménagement au lieu de deux, aucun entreposage, la possibilité de peindre et rénover avant d'emménager, et surtout l'absence de logement temporaire entre les deux propriétés.
Prévoir le retard de la vente
Le scénario à couvrir est celui d'une vente qui ne se conclut pas à la date prévue : acheteur en difficulté de financement, notaire retardé, complication de dernière minute. Le contrat de relais prévoit une durée maximale, souvent quatre-vingt-dix jours, au-delà de laquelle le dossier se renégocie à des conditions moins favorables. La marge se planifie donc dès le départ : un relais calibré serré sur les dates prévues n'absorbe aucun imprévu, alors qu'une durée demandée avec quelques semaines de coussin coûte peu de plus en intérêts et évite la renégociation en catastrophe. Les documents des deux transactions se conservent ensemble jusqu'au remboursement complet, et la confirmation de fermeture du relais se demande par écrit.
Scénario québécois : comparer avant de confirmer
Le scénario redouté frappe une famille de L'Ancienne-Lorette : la maison parfaite accepte leur offre le 15 mai, mais leur propre vente ne se signe que le 10 juillet. Huit semaines à posséder deux maisons, ou aucune. Le financement-relais existe pour ce couloir, et la famille l'examine pièce par pièce avant de s'y engager. Le montant d'abord : le prêteur avance le produit net attendu de la vente, prix confirmé moins solde hypothécaire et frais, environ 180 000 $, la mise de fonds du nouvel achat. La condition non négociable ensuite : deux transactions fermes, promesses signées et conditions levées des deux côtés; un relais ne se construit jamais sur une vente conditionnelle. Le coût enfin : taux majoré de deux points sur le taux hypothécaire, frais de dossier de 500 $, intérêts courus sur huit semaines, environ 2 300 $ au total, le prix d'un déménagement unique et de rénovations faites avant d'emménager. La question du conseiller porte sur l'angle mort : et si la vente retardait? La durée maximale du relais, 90 jours, laisse une marge; au-delà, le dossier se renégocie. La famille signe, les deux notaires coordonnent les dates, et le relais se rembourse seul le 10 juillet, à la signature de la vente. Les 2 300 $ figurent depuis dans leur récit comme le coût exact de ne pas vivre dans des boîtes.
À vérifier
- Confirmer les deux transactions fermes
- Calculer le produit net attendu de la vente
- Vérifier taux, frais et durée maximale du relais
- Chiffrer les intérêts sur la durée réelle
- Prévoir la marge si la vente retarde
- Coordonner les dates avec les deux notaires
- Planifier le remboursement automatique à la vente
- Comparer au coût d'un double déménagement
- Garder les documents des deux transactions ensemble
Questions fréquentes
Sur quoi le montant d'un prêt-relais se base-t-il?
Sur le produit net attendu de la vente : prix confirmé, moins le solde hypothécaire et les frais de transaction. C'est cette somme, votre future mise de fonds, que le prêteur avance pour le nouvel achat. Le calcul se fait sur des chiffres signés, jamais sur des espérances de marché.
Pourquoi exige-t-on deux transactions fermes?
Parce que le relais se rembourse par la vente : une promesse conditionnelle laisserait le prêt sans source de remboursement certaine. Conditions levées des deux côtés, dates arrêtées : c'est le prérequis non négociable. Les deux notaires coordonnent ensuite les dates pour que le relais se referme seul.
Que coûte un relais, et que faire s'il s'étire?
Un taux majoré de un à trois points sur votre taux hypothécaire, des frais de dossier, et les intérêts sur la durée réelle, souvent quelques milliers de dollars pour quelques semaines. La durée maximale, généralement 90 jours, laisse une marge; au-delà, le dossier se renégocie avec le prêteur.